Par Nathalie De Grandmont -1ère partie .En brochure, la destination s'appelle Manzanillo. Mais, dans les faits, c'est Marea del Portillo qui devient vite notre port d'attache. Attache, dans ce cas, étant tout à fait le mot juste puisqu'on découvre assez rapidement que cet endroit attire un pourcentage très élevé d'habitués, qui y reviennent régulièrement. Nombreux sont ceux qui en sont à leur troisième, quatrième ou cinquième visite! Foi d'une fille qui en revient tout juste, je peux même vous affirmer que j'y ai rencontré une dame, de l'Ontario, qui en était à sa 86ème visite! Mais, pensez-vous, qu'est-ce qui peut bien attirer les gens à y revenir encore et encore ? La mer et le soleil, certes, mais aussi et surtout, le caractère unique des lieux, ses paysages et son côté moins touristique, justement. En effet, les deux hôtels (le Marea et le Farallon) qui forment le complexe du Club Amigo se trouvent au pied des montagnes de la Sierra Maestra et isolés en pleine campagne; ce qui nous donne vraiment l'impression d'être partie prenante et non exclus de la vie locale. Une vie simple, rythmée par les travaux agricoles et les activités des pêcheurs du village de Marea, à quatre petits kilomètres de l'hôtel.
L'isolement du Club Amigo (et le fait qu'il n'y ait que 270 chambres au total, répartis sur 2 hôtels) a pour effet que les touristes se sentent en minorité, pour une fois! Et pour vous dire, c'est franchement réconfortant - et agréable - de sentir çà! Voir les chèvres venir brouter à quelques mètres de l'hôtel, croiser les paysans et leurs bêtes de somme chaque fois qu'on part faire une marche; bref, sentir que la vie locale a tout ses droits et que, d'une certaine façon, les gens de Marea nous y font une place. Car, et c'est peut-être là une des raisons du succès de cet hôtel, nombreux sont les visiteurs qui s'y font des amis : au sein du personnel, au village de Marea ou encore dans la ville de Pilon, une dizaine de kilomètres plus loin.
A cause de sa proximité, le village de Marea devient presqu'une sorte d'annexe de l'hôtel, en tout cas pour certains vacanciers.
A cause de sa proximité, le village de Marea devient presqu'une sorte d'annexe de l'hôtel, en tout cas pour certains vacanciers.
Plusieurs en font la destination de leurs promenades à pied (par la plage ou la route) tandis que d'autres s'y laissent conduire en calèche (pour seulement 4 CUC).
Comme les conducteurs de calèche ont leurs familles et amis à Marea, cette excursion prend souvent les allures d'une tournée de la parenté. On nous invite à entrer dans les maisons de l'un ou de l'autre, pour y prendre un café et y rencontrer toute la famille élargie : des enfants aux grand-parents, en passant par les nombreux animaux que tous ont derrière leur maison.
Comme les conducteurs de calèche ont leurs familles et amis à Marea, cette excursion prend souvent les allures d'une tournée de la parenté. On nous invite à entrer dans les maisons de l'un ou de l'autre, pour y prendre un café et y rencontrer toute la famille élargie : des enfants aux grand-parents, en passant par les nombreux animaux que tous ont derrière leur maison.
Mer et montagnes au diapason
Bien sûr, Marea del Portillo c'est aussi la mer... Mais ici, la pôvre passe presqu'en second plan... D'ailleurs, il s'avère impératif que les agents de voyage précisent à leurs clients que le sable de Marea est d'origine volcanique - donc de couleur gris charbon - et que, par conséquent, la plage peut en décevoir plusieurs, malheureusement. En plus, à cause du sable gris, l'eau n'a pas non plus cette transparence et cette couleur turquoise auxquelles d'autres destinations nous ont habitué! Si certains se rabattent sur la piscine toute la semaine, d'autres arrivent à s'y habituer; cette plage étant tout de même très propre et enclavée dans une baie, donc à l'abri. Mais en dépit de tout çà, la mer joue ici les seconds violons : sa beauté s'efface un peu devant celle des montagnes - la Sierra Maestra - qui l'encerclent. Non, cette Sierra « majeure » n'a pas volé son nom... tant elle se montre mystérieuse et imposante, dans tous les sens du terme. D'un, elle abrite le sommet le plus élevé du pays : le Pic Turquino, à quelques dizaines de kilomètres plus au sud. Mais elle a aussi été le théâtre des luttes révolutionnaires cubaines, de 1957 à 1959. D'ailleurs, lorsqu'on grimpe dans les montagnes lors du transfert de l'aéroport vers l'hôtel, plusieurs tronçons de la route sont bordés par des enseignes, à l'effigie des nombreux héros locaux qui ont lutté par ici.
Ceux qui participent à l'excursion à Pilon (les jeudis matins, seulement 5 CUC) pourront également constater que, dans plusieurs villes du coin, se trouvent aussi de nombreux souvenirs relatant les exploits de l'héroine locale, Celia Sanchez.. Cette jeune fille transportait des messages entre les campements des révolutionnaires (dans les montagnes) et les villages, en cachant ceux-ci dans une fleur, accrochée à ses cheveux. A Pilon et à Sevilla, des places publiques sont décorées de murales à son effigie, tandis qu'à Media Luna (sa ville d'origine) se trouve également un musée. A l'instar de Celia Sanchez, il faut donc nous aussi se rendre dans ces fameuses montagnes : pour découvrir ses beautés naturelles et l'incroyable chapitre humain qui s'est écrit là-bas. L'hôtel propose deux excursions pour s'y rendre : une à dos de cheval et une autre en jeep, qui s'avère l'une des plus populaires - et captivantes - parmi toutes celles proposées.
Découvrir les secrets de la Sierra
Trois par trois, nous grimpons dans les jeeps, ce matin-là. A l'approche du village de Marea, un petit avion passe au-dessus de nos têtes et largue une poche de courrier : « un paysan, forcément, le ramassera et entamera sa distribution »; nous explique le guide. Nul doute, nous sommes ici dans la campagne profonde. Et d'ailleurs, la jeep n'est pas un luxe car les sentiers caillouteux qui grimpent ne seraient nullement accessibles autrement, sinon à pied ou à cheval, comme le font tous les paysans que nous croisons. Cette année, grâce à une saison des pluies qui a favorisé la végétation, la Sierra est plus verdoyante que jamais. Palmiers royaux, bananiers, fleurs, et cactus à flanc de falaises se disputent notre attention. Souvent, surgissent aussi des chèvres, des ânes ou des chevaux qui traversent la route en trombe, sans doute effrayés par le bruit des jeeps, qui triment dur pour gravir certaines pentes, parfois à plus de 45 degrés.
le commandant Guillermo Garcia Frias
A voir les petites maisons de chaume tapies dans la végétation dense, on a peine à croire que des gens puissent habiter par ici. Et pourtant, oui. Car au milieu d'entr'elles se trouve même une petite école primaire, qui fait l'objet d'une visite lors de cette excursion. Nous arrêtons également prendre le café chez l'un des paysans : où l'on nous accueille avec fierté et générosité; comme des amis de la famille, ou presque. Et pourtant, si vous questionnez le patriache, vous apprendrez qu'il compte parmi ses amis plusieurs de ces héros locaux qui se cachaient en montagne. D'ailleurs, par un heureux hasard, notre petit groupe aura la chance ce jour-là de rencontrer l'un des six commandants de la Révolution encore vivants : le commandant Guillermo Garcia Frias, qui a lutté aux côtés du Che et de Fidel Castro. Aujourd'hui devenu Ministre responsable de la faune et de la flore du pays, il était en visite dans la région, pour évaluer, justement, son potentiel écotouristique et les actions à prendre pour l'améliorer. Les autres Cubains autour le regardaient avec beaucoup d'admiration, presqu'intimidés. Et pourtant, le Commandant semblait très détendu, simple et accessible; répondant aux gens du groupe avec un sourire de gamin, ou presque. « Nous nous sommes cachés deux ans dans ces montagnes, m'apprend-il. Deux ans avec peu de nourriture et peu d'opportunités de nous laver. Mais nous savions que la population nous appuyait! Et Celia ? « Oh! Celia était une femme incroyable, répond-il avec un éclair dans les yeux. Tous l'admiraient beaucoup! ». Nul doute, la rencontre du Commandant a été un superbe cadeau pour les gens qui participaient à l'excursion ce jour-là; d'autant plus qu'il a partagé avec nous le repas - un gros méchoui de porc - servi sous un abri de chaume, au pied des falaises et de la chute Las Yguas, qui se jette dans la rivière Mota.
Très sauvage et calme, cet endroit est la destination ultime de l'excursion. Chaque groupe y passe donc un bon moment : les uns en profitant pour se baigner sous la cascade, d'autres préfèrant l'admirer en se faisant dorer sur les roches ou dans les hamacs. D'autres observent les femmes qui préparent le riz et le plantain frit sur les fours extérieurs. Très vite, la complicité s'installe également avec cette petite famille et leurs jeunes enfants. Il y règne une atmosphère de BBQ amical et bonne franquette, dans un décor qui est à la fois magistral et apaisant. Et c'est là qu'on comprend que, bien qu'elle puisse paraître inhospitalière par moments, la Sierra Maestra est probablement aussi une grande dame réconfortante, une alliée, un ange-gardien qui veille sur les gens de cette région. Et parions que son charme - de même que celui du personnel et des habitants de Marea - explique en grande partie pourquoi tant de visiteurs reviennent auprès d'elle, dès qu'ils en ont l'occasion...
Lire la deuxième partie du reportage:tous les détails sur les hôtels du Club Amigo et les autres excursions proposées.
Ce reportage fait suite à une invitation de Vacances Sunwing.
Lire la deuxième partie du reportage:tous les détails sur les hôtels du Club Amigo et les autres excursions proposées.
Ce reportage fait suite à une invitation de Vacances Sunwing.